Méditation :
de la concentration à la contemplation

 Je vous propose dans ce nouvel article découvrir l’histoire du mot Méditation et de nombreuses pratiques qui ont été décrites avec. Nous allons aborder quelques supports de méditations, le son y compris, comme une excellente entrée très fluide dans l’état de concentration et de contemplation. 

Le mot latin et son histoire en Occident

La méditation est un concept, dont la définition n’est pas facile à donner. Il existe également beaucoup de clichés, beaucoup de déformations à travers l’histoire et les époques. Aujourd’hui, nous avons l’habitude de désigner avec le mot Méditation différentes techniques qui nous viennent de l’Asie, pourtant il suffit de regarder sa définition chez Larousse pour que les questionnement surgissent :  

  1. Action de réfléchir, de penser profondément à un sujet, à la réalisation de quelque chose. 
  2. Attitude qui consiste à s’absorber dans une réflexion profonde. 
  3. Concentration du corps et de l’esprit sur un thème ou un symbole religieux. 

Historiquement, le mot méditation et son contenu sont profondément religieux. Sa première utilisation date du XIIe siècle et nous renvoie vers le moine Guigues II le Chartreux. Il a écrit un livre « L’échelle des moines » pour systématiser le principe de la « lecture sainte » (lectio divina). C’est une méthode de prière et de communication avec le divin qui comprend quatre étapes : lecture, méditation, prière et contemplation. Guigues II le Chartreux s’est inspiré d’un exercice de lecture spirituelle qui a été développé par les Pères de l’Église d’après le modèle judaïque PaRDeS. Il faudrait bien prendre en compte que l’acte de méditation existait bien avant ses multiples définitions.  

Au XIXe siècle, avec l’intérêt grandissant pour la philosophie orientale et ses textes fondateurs, les traducteurs ont choisi le mot méditation pour décrire de très nombreuses méthodes de développement de la conscience. C’était un seul mot qui, selon les traducteurs, pouvait embrasser, non sans simplification, une très grande variété d’exercices élaborés en Orient. Nous pouvons ici méditer sur le rôle du traducteur et de son impact dans l’histoire des civilisations.

La source : le sens des termes sanskrits

Pensez-vous que l’utilisation des mots sanskrits avec leurs sonorités insolites et la richesse de la signification auraient pu changer le chemin que la Médiation a fait pour s’implanter en Occident ? Je vous invite à les découvrir.

Nous allons nous adresser aux Yoga Sutra de Patanjali 1, un des ouvrages les plus étudiés et commentés, qui décrit 8 membres du yoga (ashtanga yoga). Les 4 derniers nous intéressent particulièrement, car ils regroupent les moyens de travailler la concentration et nous décrivent les différentes étapes de pratique de la méditation :

Pratyahara – la concentration par le retrait des sens,

Dharana – la fixation de l’activité mentale sur un objet,

Dhyana – l’attention continue et unidirectionnelle du mental où la méditation,

Samadhila contemplation où l’état d’arrêt de psychisme, permettant de ressentir la réalité divine objective 2.

Patanjali va réunir les trois derniers sous le terme de Samyama – « maîtrise de soi », la pratique qui va permettre la vision des objets non colorée par les concepts de la pensée ou la mémoire. Après avoir tourné les sens vers l’intérieur – Pratyahara, nous arrivons plus facilement à fixer notre attention sur un support de méditation – Dharana, pour ensuite rester continuellement dans l’état de méditationDhyana, afin d’atteindre le point culminant – la méditation tournée vers l’expansion intérieure et la libération par suppression des impressions personnelles  Samadhi.

Méditation et ses supports  

Tout cela reste une théorie, car en réalité le Yoga tel qu’il est arrivé jusqu’à nous a été beaucoup influencé par les tantras 3. La vision tantrique a enrichi la méditation yogique par des visualisations et des audiolisations qui aident les pratiquants débutants et confirmés à fixer le mental. Patanjali propose également quelques supports de méditation simples, mais n’explique pas comment les intégrer dans la pratique. Grâce à l’influence des tantras, nous pouvons maintenant retrouver dans le yoga des méditations avec les couleurs ou les sons, avec les chakras, avec les visualisations complexes des énergies qui habitent le corps.

Nous pouvons voir toute la difficulté que les traducteurs ont rencontré en travaillant avec les textes de yoga et les tantras. En réalité, tout se mélange également au fil du temps, pour nous offrir aujourd’hui l’accès à une synthèse très intéressante de différentes techniques éprouvées par le temps et l’expérience. La mise en pratique de ces techniques pourrait nous aider à rééduquer notre concentration et à développer nos capacités cognitives. Sans oublier que chacune des étapes de la méditation yogique aura le bien-être pour l’effet secondaire.

L’expérience comme un point d’entrée,
pratiquer pour ressentir  

Si vous avez déjà eu l’occasion de pratiquer avec moi, vous avez  pu pratiqué le Pratyahara (retrait des sens) et la Méditation avec les Vibrations Sonores. Je vous insère ici deux liens vers deux méditations sonore très différentes.

–1– Aqua Sound Méditation – pour méditer chez vous grâce aux sons de la nature qui se mélangent à merveille avec les vibrations des carillons Koshi ;

Vidéo – Koshi Aria & Rain

–2– Sound Healing Meditation – Monochord D avec les vibrations riches et pénétrantes de Monocorde en Ré. Vous pouvez vous concentrer quelques minutes sur ses sons pour retrouver votre équilibre intérieur, en apaisant le flot d’émotions et les fluctuations du mental. Le monocorde est utilisé depuis les années 90 pour les soins palliatifs et pour aider à surmonter la dépression. Lors de cette méditation sonore, observez avec attention et détachement toutes les sensations qui peuvent vous traverser. Un casque est fortement recommandé.

Intuitivement, et je dirais même, naturellement, nous cherchons à revenir vers la source, vers cet état de béatitude. Ce n’est pas étonnant que sur ce chemin de retour notre bagage de l’homme contemporain va changer ou colorer le savoir retrouvé. Dans la recherche du sens, il est important de ne pas oublier que passer par l’expérience nous fera toujours avancer plus que les mots qui la décrivent. Seule la pratique pourrait démystifier l’état qui se cache derrière ce que nous appelons aujourd’hui «la Méditation».

Audio – Sound Healing Meditation – Monochord D

Notes & Bibliographie 

  1. Digital Corpus of Sanskrit (Section « Texts »: Yogasūtra)
  2. Les définitions sont tirées du The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet.
  3. La signification première du tantra est « écriture, traité », avec le temps, le terme en est venu à désigner des types spécifiques d’écritures, celles que nous qualifions maintenant de tantriques. Etymologiquement, le mot tantra signifie « un instrument (tra) pour l’expansion (tan) » ce qui peut par extension définir un ensemble de doctrines, de rituels et de méthodes initiatiques qui ont pénétré la plupart de branche de l’hindouisme et qui ont été regroupés en XIXe siècle sous le nom de Tantrisme.